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Dépistage des troubles du comportement : la polémique nuit d’abord aux enfants !
C. Rayr
« Quand Rome brûle, ce n’est pas le moment d’ergoter et de se livrer à des batailles de théories », lance C. Vidailhet (Nancy), un avis partagé par les participants à la table-ronde sur « dépistage et prise en charge des troubles du comportement de l’enfant ». Au Canada, indique R.E. Tremblay (Montréal), le suivi longitudinal d’un millier de garçons issus de milieux défavorisés montre une pic d’agression physique à l’âge de 16 ans, tandis qu’un tiers a déjà eu lieu à l’âge de 6 ans. Entre 6 ans et l’adolescence, on relève 4 % d’enfants agresseurs chroniques. Les facteurs de risque sont multiples : familiaux, sociaux, « génétiques » (mais non au sens de l’hérédité mendélienne), et des facteurs prédictifs existent indéniablement. Le groupe qui a bénéficié d’une intervention préventive s’en tire évidemment mieux… En France, les troubles du comportement augmentent en fréquence et deviennent un problème de santé publique, souligne P. Jeammet (Paris). Outre les risques pour l’entourage, un enfant qui présente ces troubles de manière importante et durable court un risque majeur d’entrave à son propre développement, et donc de marginalisation. L’autre danger, si on abandonne ces enfants à leur violence, est la stigmatisation. Face aux sujets en souffrance et qui font souffrir leur entourage, C. Vidailhet prône la nécessité d’un diagnostic approfondi (contextuel et structurel) et d’une prise en charge adaptée. À l’heure de la prévention, poursuit P. Jeammet, les débats sur l’expertise collective de l’Inserm n’ont pas lieu d’être. Au lieu de défendre des chapelles de pensées, et surtout d’inquiéter inutilement les parents, les professionnels de santé devraient conjuguer leurs efforts pour éclairer le débat, proposer des idées ou des solutions pour tenter d’éviter des dérives violentes toujours possibles ; pour l’heure, le laisser-faire est lui aussi menaçant : « Aujourd’hui, ce n’est pas le conformisme social et l’obéissance qui menacent le plus nos écoles. »
Enfance et adolescence : on réclame une politique de santé Il y a plus de 30 ans, Pierre Royer plaidait pour une politique de santé spécifique pour les enfants et les adolescents. Il manquait à ce jour un état des lieux, vaste et complet, qui puisse pointer les nombreuses insuffisances et inciter...
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